Pérégrinations asiates 2010

Acte I – Thaïlande
Myanmar (photos) Laos (photos)
Scène I: Bangkok
Les 16/17/Nov/2010
Un soir de pluie, sur le trottoir, attablé au Suk 11 Soi 11, je buvais une Singha. L’endroit était une espèce de capharnaüm, de sofas dans tous les coins, de tables basses et hautes, de plantes accrochées un peu partout, en l’air des bouddhas ici et là, tout ceci dans un mélange confus qui donnait à l’endroit le genre de sentiment d’être ailleurs, dans un autre temps, sur une autre planète. C’était une découverte sympa ce Suk 11. Arrivé le matin même à Bangkok, j’avais commencé ma journée par aller chez le coiffeur et les cheveux coupés ras, je me suis ensuite rendu au massage, réparer les dures heures de vol passées dans la bétaillère. Nu comme un vers, la jeune masseuse voyant l’émoi qu’elle avait su de ses mains expertes malicieusement provoquer, me proposa une happy-end que je refusai tout de go. J’étais entre ses mains douces et agiles qui avaient certes par ses effleurements subtils, fait monter agréablement mon émoi, mais que nenni, self control, j’étais là pour toute autre chose…mon dos. Maybe, next time lui dis-je en partant revigoré. Mon dos me faisait mal, ma sciatique avait décidé de reprendre du service et donc de me gêner terriblement. Hasta la vida. L’après-midi avait été consacrée à trouver mon billet d’avion pour Yangon, c’était chose faite. Le 18 au soir je serais au Myanmar. Ensuite via le Siam Center où je me décidais à manger mon premier repas thaï. Bon, pas cher, retour par le métro aérien, une sieste salutaire à 18h, décalage horaire oblige, et pas de marche inutile, je devais me ménager de tout effort inutile. Le taux de change était vraiment très bas, l’euro se changeant à 39.9 baths au lieu des 50 quelque temps avant; les révisions étaient à la baisse. La vie était de plus en plus chère à BKK et je ne m’y attarderais donc pas. La Singha à 90 bath plus chère que chez moi, c’était incroyable.

Après une nuit d’insomnie due au “jet-lag”, à ma sciatique, et aux bruits incessants de la rue, je déchantais du Suk 11, je ne pouvais vraiment pas me reposer. J’allais fatigué au MBK Center, énorme magasin où sur plusieurs niveaux se côtoyaient des centaines d’échoppes, parfois grandes comme un mouchoir de poche, voir quelques prix pour des objectifs Nikon, que m’avait demandé mon ami Philippe. Comme par enchantement si la sciatique me gênait encore elle était moins douloureuse et j’osais espérer une rémission qui me laisserait tranquille. Il était 18h, je rentrais fatigué par cette cohue incessante et tout ce bruit environnant, j’avais trouvé ce qu’il fallait. J’allais une nouvelle fois me faire masser et la masseuse que j’avais choisie, bien moins jeune que les autres ne m’enleva pas la serviette avec laquelle j’avais recouvert mes fesses. Elle sentait de suite mon problème de dos, après en avoir pris longuement soin, me fit retourner. Elle se cachait la vue de mon intimité, posa la serviette sur mon ventre. Elle continuait le massage, en évitant de m’effleurer les parties sensibles, contrairement à la masseuse d’hier, bien qu’une forme commençait de se dessiner sous le fin tissu. Premier massage vraiment efficace, tout simplement. J’allais prendre une douche pour me laver des huiles essentielles au parfum de coco, et comme l’eau qui me tombait sur le dos était plutôt froide, je poussais un grognement, qu’entendit Nok. Elle entrait dans la douche, posait un œil discret sur mon érection, essayait en vain de régler la température, et comme pour s’en excuser entreprit alors de m’essuyer. C’était tout léger que j’allais prendre mon dîner dans un resto thaï, loin de ceux dans lesquels les touristes s’agglutinaient et le katoi qui me servait avait un joli corps de femme, de fines jambes élancées, une poitrine à faire envier quelques unes, mais un homme quand même, je ne m’y trompe plus. Plus je la regardais plus je me rappelais qu’ici en Thaïlande, être différent ne provoquait pas les mêmes, vexations, réactions hostiles que chez nous les civilisés qui donnions au monde des leçons de respect, de tolérance et de liberté; foutaise. Il était 23h j’allais me coucher.
Acte II - Myanmar / Birmanie
Scène I: Yangon/Rangoon
Le 18/Nov/2010
Claudia une Birmane qui avait épousé un célèbre designer français du nom de Robert, avec laquelle j’avais fait connaissance dans l’avion, nos sièges étant à côté l’un de l’autre et qui parlait un français presque parfait, me faisait partager sa voiture venue l’attendre à l’aéroport. Pendant le vol elle m’avait gentiment établit un parcours au travers du pays en notant les endroits à découvrir à chaque halte que je ferais. Je ne savais pas si je pourrais aller partout mais c’était de précieuses et judicieuses indications; j’avais de la chance. Un petit stop pour dîner de quelques encas et boire ma première Myanmar Beer gentiment offerts par Claudia, force oblige, je n’avais pas encore fait de change. Je débarquais au Winner Inn, l’hôtel de sa recommandation où d’après Claudia les expatriés désoeuvrés et fauchés viennent s’installer le temps de se refaire une santé financière. Pas d’autre choix malgré le prix élevé de 20 dollars. Mon séjour commençait donc bien. Ma nuit fut courte car les douleurs causées par ma sciatique l’emportaient sur mon envie et mon besoin de dormir.

Le 19/Nov/2010
Au petit matin du deuxième jour, un Suisse rencontré à la réception m’avait prêté les 2000 kyats nécessaires à payer le taxi qui m’avait emmené à Scott Market, là où le change non officiel se faisait aux yeux de tous, bizarrement. Grâce à une coupure de 500 € j’obtenais un change plus favorable que celui réservé aux petites; 1165 kts pour un euro. Je repartais donc avec un nombre important de billets. La matinée fut donc consacrée à visiter ce marché et je négociais habilement, du moins je le croyais, l’achat d’un joli bouddha rieur, pendentif en pierre de jade. Attablé dans une gargote où je déjeunais d’une soupe, aux boulettes de poisson, j’observais la nonchalance du nombreux personnel. Un jeune serveur me fit rire comme un enfant quand je vis avec quel limonadier il ouvrit ma bouteille de bière. Un morceau de bois, dans lequel une vis et un écrou servaient de levier. La foule des serveurs et serveuses se mit à rire avec moi. Le tour du marché fait, je pris un taxi afin d’aller visiter la célèbre pagode Shwedagon où le stûpa situé au plus haut de la colline, contiendrait selon la légende, des reliques de quatre anciens bouddhas. Mon Nikon avait déjà commencé à crépiter. Que dire ? géante superbe, magnifique, grandiose, les superlatifs manquent mais certainement une des plus belles du monde. L’entrée est à 5500 kts ce qui n’est pas les 750 roupies du Taj Mahal. Rentré à l’hôtel, je m’étais préparé pour aller au club privé donc Claudia et son mari étaient les propriétaires ainsi que de l’usine qui fabriquait les créations de ce designer. L’escalier qui menait à l’étage, débouchait sur une salle où se dressait au fond un superbe comptoir demi rond en acier brossé. La décoration était splendide. Un employé, pour me faire patienter avant l’arrivée de Claudia, me faisait visiter les différentes pièces dont une salle de massages et soins de beauté, une de palabres où l’on fumait le cigare et une grande salle où je m’asseyais sur un pouf, juste à côté d’un orchestre pour l’instant sans musicien, face à une piste de danse en bois verni au fond de laquelle des tables étaient dressées. Patrick, le mari de mon hôte ne tarda pas à venir, se présentât, me tint quelques banalités et s’échappât aussi rapidement qu’il était apparu. Altier, hautain un soupçon de je n’en ai rien à fiche de toi. Un dîner vite pris me fut servi et le jeune tapissier employé de Claudia et Patrick son très pédant mari, vint me rejoindre. Armand était expatrié au Myanmar depuis trois mois seulement. Restés seuls nous avions entamé une sympathique conversation quand il me proposât de m’héberger, ceci afin d’éviter de trop payer l’hôtel car je m’étais plaint de la cherté du Winner. J’acceptais évidemment. Avant de partir j’insistais légèrement auprès de Claudia pour payer le plat de tagliatelles aux fruit de mer qui m’avait été servi et la note de 20 dollars me parut exorbitante. Mais…l’endroit étais si beau. J’étais dans un endroit luxueux, mais au Myanmar les gens ne gagnent que 50 $ par mois !

Le 20/Nov/2010
Ce matin là, je débarquais chez Armand dans un appartement situé down town, tout prêt de Scott Market, appartement qu’il partageait avec un autre expatrié, avec lequel l’entente était plutôt distante. Je décidais Armand de m’accompagner et après un, deux, voire trois cafés nous partîmes. Ce garçon depuis son arrivée n’avait guère vu la vraie vie au Myanmar. Pour la première fois il allait déjeuner dans une gargote, lieu où les expatriés ne vont par, car en mangeant cette nourriture, on se rend malade, c’est infecte, lui avaient-ils dit. Armand appréciait son déjeuner bien plus goûteux, bien plus copieux et il comprenait vite qu’au lieu des 7 à 8 dollars qu’il dépensait dans ces restos dévoués aux européens expatriés il pouvait faire de substantielles économies. Il y était à son aise, j’étais content. Nous sommes partis à la découverte de down town. Armand me prévenait que ce n’était pas du sang que je pouvais voir partout à terre, mais simplement les crachats de cette substance que les Birmans mâchent toute la journée, le “betel” qui leur rend les dents rouge foncé. Tiens ! une mosquée, et si nous allions la visiter ? Là aussi une première pour Armand, m’avouait’il. Un sage, après le rituel salamalekum et quelques paroles échangées, nous autorisait à y pénétrer. Elle n’avait rien d’extraordinaire, le lieu qui se prêtait à la prière était modeste, mais la pièce des ablutions était superbe avec une fontaine centrale de marbre vert et rose au milieu d’un bassin rectangulaire dans lequel les fidèles lavaient leurs pieds. Au sortir, juste à côté, une seconde mosquée. Allons y, ok ? Les palabres d’usage faits réitérés, nous voilà au milieu d’une prière. Ce jour était un jour de fête, on nous pria de nous asseoir sur le tapis. On nous offrit des douceurs à manger et à boire. Mon Nikon claquait, sauf où les femmes priaient, je n’avais pas obtenu l’aval. Nous remerciâmes nos hôtes. Je sentais Armand pris d’une sincère émotion d’avoir fait quelque chose de nouveau. Tout en marchant, je lui exprimais mes sentiments qu’il lui fallait aller à la rencontre des Birmans et qu’ils sauraient apprécier qu’un étranger mange chez eux, boive, rit avec eux et partage un peu de leur vie. “Visite le pays, ils t’ouvriront leurs portes, te feront partager des instants, ta vie en sera plus belle, plus riche, plus intelligente”. Le soir venu, nous sommes allés sur le bord de la “Yangon River” où une vie très animée avec bars et échoppes s’offraient à nos yeux, boire une bière. Nous avons, après avoir déambuler dans les ruelles à observer cette vie nocturne, pris un trishaw pour rentrer. Très inconfortable pour mes larges fesses, je suis resté coincé. Gros fou-rire, la course fut endiablée, nos drivers se prenant au jeu. Après un court début de nuit passé dans une première boîte dont l’unique sortie de secours était l’entrée qui se faisait par un minuscule ascenseur où nous fûmes sollicités par de très jeunes filles déjà prostituées, nous sommes alors allés au Paddy O’Malley, night-club situé au sous-sol de hôtel Sedona, où là aussi de très belles et très jeunes filles auraient bien passé la nuit avec nous. Quatre bière plus tard, nous rentrions sagement.
Le 21/Nov/201
J’avais jusqu’à quatorze heures trente, avec Armand et prendre une navette qui me conduirait à mon bus, destination de Bagan. Le tarif du train était exorbitant de 50 dollars et l’état des wagons à faire pâlir de jalousie le TGV. Nous sommes allés voir un impressionnant bouddha allongé, de près de soixante cinq mètres de long, situé à l’entrée de la pagode Chaukhtakyi. Sur ses énormes pieds sont écrits les 59 préceptes Okasaloka (monde inanimé), les 21 Sattakola (monde animé) et les 28 Sankharaloka (monde conditionné). Là nous y avons rencontré un guide que connaissait Armand et en sa compagnie, nous découvrions la pagode où Aung San Suu Kyi se rendait régulièrement et où la junte militaire avait exercé une répression sévère en y faisant de nombreuses arrestations d’opposants au régime. Il me semblait alors que les monks étaient plutôt du côté de l’opposition, leur respect envers Aung San Suu Kyi étant leur témoignage. Ce jour de grande fête fut l’occasion de nous inviter à déjeuner. Assis au sol, en tailleur nous avons partagé ce déjeuner (à 11 heures, dur dur). Notre guide nous conduisit à la demeure de Aung San Suu Kyi. Devant son portail qui était à quelques centaines de mètres, une foule tranquille était là, encadrée par une flicaille en civil reconnaissable aux téléphones portables à la ceinture et aux voitures garées. Notre guide me recommandait de ne pas prendre de photos, se sépara de nous, prit de la distance, car il ne fallait pas qu’on le voit avec nous, c’était dangereux pour lui. Nous avons alors, Armand et moi traversé la route et arrivés devant ce portail tant vu à la télé, nous avons ralenti notre marche, sans nous arrêter, Nous étions de simples touristes mais certains regards sur nous n’avaient rien d’accueillants. Après le virage qui nous rendait invisibles de la maison et de la flicaille, nous avons rejoint notre guide, hélé un taxi et repartîmes dans l’autre sens. Arrivés à hauteur du portail, plus personne, ni foule, ni milice. En dix minutes la rue était devenue vide. Nous quittions alors notre guide que nous avons remercié avec un pourboire et partions déjeuner à la gargote. Attablés à côté de Français à la fin de leur voyage, nous échangions nos impressions. Ils me donnèrent leur guide du routard dont ils n’avaient plus besoin. Merci à la famille Nicolas, super il allait m’être bien utile. Il était quatorze heures je devais allait chercher mon sac à dos et partir vers Bagan. Au revoir fait, retrouvailles convenues à la fin de mon voyage avec Armand, je montais dans la navette.

Scène II: Bagan
Le 22/Nov/2010
Ce matin aux alentours de cinq heures, la nuit encore là, dans une calèche tirée par une jeune jument, j’étais allé avec l’aide du cocher à la recherche d’un guest-house. Full, full, full, le quatrième fut le bon. Arrivée étonnante. Après un petit somme, un rapide tour du coin et quatre cafés plus tard, j’étais parti à la découverte de Bagan, chevauchant ma bicyclette à 1000 kts la journée, destination, temples et pagodes. Le site était grandiose, de ses 50 km², et par le nombre de monuments. De chaque côté de la route principale distante de quelques centaines de mettre d’une petite route parallèle, reliées entre elles par des pistes de traverse, je prenais des petits chemins discrets qui menaient aux pagodes, toutes pareilles dans leur conception et toutes si différentes. Je me rappelais Angkor. Je terminais ma ballade sur une des Sunset Pagoda, lieux de rencontres internationales. L’ascension des abruptes marches qui menaient au sommet n’était pas aisée, mais arrivé au sommet quel panorama! avec le soleil couchant qui donnait au site des couleurs ocres qui se fondaient à celles des pagodes et stûpas, c’était hallucinant. Quelle beauté cette plaine où s’étalait à 360°et à perte de vue, la multitude de monuments dédiés aux croyances. Le soleil se couchait, la lumière féerique rougit cette immense forêt, tachetée des pagodes et temples qui s’offraient à nos yeux depuis tant de siècles. La descente périlleuse terminée, un sourire de la jolie vendeuse qui voulait tant me vendre quelque souvenir et la nuit tombante je retournais tranquillement à Bagan.

Le 23/Nov/2010
J’étais attablé au même café que la veille et après mon déjeuner qui ne consistait qu’à boire deux à trois cafés, j’étais allé à bicyclette prendre le bateau pour Old Bagan. Longeant les rives du fleuve Irrawaddy, à travers de petits chemins sablonneux, où vit une population plutôt pauvre, toujours affable et souriante, j’arrivais par hasard au débarcadère où personne n’était à même de me renseigner sur les bateaux, les départs et quoi que ce soit, car personne ne parlait l’anglais et ne semblait vouloir m’aider. Je décidais donc de continuer ma ballade et d’aller acheter un billet de bus pour Mandalay. Une halte déjeuner, une super salade à 500 KT et je repartais tel Don Quichotte sur ma bicyclette à la conquête de pagodes oubliées. Retour à nouveau le jour tombant sur Sunset Pagode pour un nouvel émerveillement. Je retrouvais ma petite vendeuse qui m’accueillait avec un grand sourire, et qui au sommet se laissa gentiment photographier. Elle était superbe avec son thanakha étalé sur ses joues. Elle repartait aussitôt à la recherche de clients, dégringolant les marches abruptes tel un cabri. Le chemin de retour à la demi obscurité d’une fin de journée, à travers les multiples pagodes; la journée était finie.

Le 24/Nov/2010
Rien de particulier ce jour si ce n’était la découverte fortuite de cette pagode dont les portes fermées par un cadenas, m’avaient été ouvertes par la gardienne qui habitait cet endroit bien tranquille à l’écart du grand chemin. J’étais seul avec elle qui me commentait la visite, éclairait les parois avec sa torche pour me monter les vielles peintures murales exceptionnellement conservées. C’était superbe, c’était splendide, j’étais heureux. Gubyauk dans le village de Nat Kyi Inn était le nom de cette pagode; à voir absolument. Le reste de ma journée fut consacré à déambuler au marché. Demain ce sera le départ pour Mandalay, vers neuf heures.

Scène III: Mandalay
Le 25/Nov/2010
Mandalay en fin de journée, après un voyage en bus à me rappeler Madagascar tellement ce fut inconfortable, long et douloureux. Le Royal Guesthouse où j’étais arrivé par hasard s’avérait être un lieu vraiment accueillant, bien situé dans la ville. Ma chambre était petite, les toilettes et salle de bain extérieures, mais le prix était très raisonnable. La réception me renseignait où je pouvais trouver une gargote locale pour dîner. Une rue à droite, une à gauche, 200 mètres et je me trouvais attablé sur le trottoir à savourer une bière bien fraîche. Un dîner rapide d’une super soupe thaï, tom yam. Je me couchais vraiment fatigué.

Le 26/Nov/2010
Levé tôt je partais sur les chemins une fois encore à bicyclette. Un très large carré de terre, entouré d’un large fossé d’eau, d’environ deux km de coté, juste à l’angle sud-ouest, près de mon guest, abritait un palais royal qu’il était cher et peu intéressant de visiter. Je zappais donc, d’autant plus que la plus grande partie était une zone interdite aux étrangers. J’avais essayé d’y pénétrer mais un poste militaire me pria poliment de rebrousser chemin. Je pédalais donc en direction du nord-est, tombais par hasard sur la pagode Kuthodaw où je m’engouffrais. Elle était faite de 729 templions d’un blanc immaculé, dans lesquelles se dressaient des stèles d’albâtres écrites sur les deux faces retraçant le canon bouddhique établit sous le règne du roi Mindon en 1860 et dont il faudrait une éternité pour tout lire et déchiffrer. Je me contentais de m’imprégner de cette atmosphère, calmement, sereinement. Au bout, un stûpa doré, au sommet d’escaliers, où je me reposais, la chaleur étant accablante. Ce fut ensuite la visite des deux autres pagodes Sandamuni et Kyauktawgyi. Une journée épuisante à pédaler sous un soleil de plomb et retour tardif au bercail. Dîner au resto habituel et demain serait un autre jour.

Le 27/Nov/2010
Accompagné d’une Sud-Africaine, un Français et deux Américains, j’étais sur le chemin qui nous conduisait à Sagaing, Inwa et Amaräpura. Nous avions collectivement négocié un taxi pour faire le tour des trois sites. Sagaing, haut lieu du bouddhisme, ancienne capitale régionale avait un certain charme et une belle pagode: U Ponya. Nous avions ensuite débarqué du bateau à Inwa, elle aussi ancienne capitale régionale délaissée au profit d’ Amaräpura où nous avions visité le monastère de Maha Aung Mye Zan et celui de Bagaya. Le giro se terminait à Amaräpura, elle aussi ancienne capitale, par un splendide coucher de soleil sur le vieux pont de bois d’U Bein du lac Taungthaman. Un troupeau de parasites vêtus d’ocre et de rouge, qui passaient leur vie à mendier leur pitance, et à ne rien faire le reste du temps sinon à méditer et prier, envahissait alors la place. Drôle de vie, ton dieu, non merci.

Le 28/Nov/2010
Le taxi négocié la veille nous attendait pour nous conduire au débarcadère. Le quartet d’hier réduit à un trio, s’en était allé vers Mingun à bord d’un bateau de croisière à faire pâlir de jalousie le voyagiste Paquet. Les transats d’osier du pont supérieur étaient confortables et nous admirions les rives, naviguant sagement sur un fleuve tranquille. Une heure de navigation et Mingun était en vue. Les escaliers abrupts de la pagode Satowya qui furent gravis sans difficulté étaient de toute beauté. Du plus haut s’offrait à nos yeux une vue étonnamment belle. La suite de la visite était une cloche énorme pour laquelle il fallait débourser trois dollars mais comme les français roublards que nous sommes, avions réussi à éviter de payer. La cloche était la plus haute et la plus large du monde, disait-on. Une nième pagode à mon actif et je m’installais dans une gargote afin de prendre un léger repas et boire une bonne bière avant le retour au bateau. De retour à Mandalay, l’après- midi déjà bien entamée je partais à moto vers la station des autobus dont la destination était le lac Inle, pour réserver une place.

Scène IV: Lac Inle
Le 29/Nov/2010
Le trajet fut long et pénible, la route était une tôle ondulée sur laquelle mes pauvres vertèbres déjà bien mal en point roulaient au rythme des ondulations, secouées sans cesse par le mauvais état de la chaussée. La banquette pour ajouter à mon supplice se dérobait sous mes fesses et les dossiers et les coussins étaient de plus chauffés par la chaleur intense dégagée par le moteur situé juste derrière moi. Quelle galère et dire que c’était moi qui avait choisi ma place. Je ne pouvais m’étaler sur toute la longueur de la banquette, un abruti d’Australien avait eu la mauvaise idée de changer de place pour venir s’installer au fond, lui aussi. Arrivé vers trois heures du matin, je me pointais à Nyaungshwe au “Gipsy Inn”, guest-house réservé à l’avance. Un bon somme et je fus réveillé par le bruit des canots à moteurs qui amenaient les touristes sur le lac. De longues pirogues aux moteurs assourdissants étaient chargées des autochtones qui devaient se rendre sur leurs lieux de travail. Tôt le matin, à bicyclette je partais pour découvrir la ville. Elle était un havre de paix où les gens affairés, déambulaient calmement, sous une chaleur encore bien tempérée. La fluidité du petit trafic m’impressionnait. On se croisait par la droite, la gauche, par devant,derrière, pas de priorité absolue, pas d’insulte, de jurons, un sourire et ça passait. Le soir arrivé, je me mettais en quête de mon dîner et sur la rue, quelques tables, un étal de brochettes, des soupes, je m’attablais et mangeais la meilleure soupe et la moins chère de tout mon voyage. Cherchant le nom de cet éphémère établissement (que je ne retrouverai pas le lendemain), une jeune fille appliquait sur la devanture du magasin devant lequel elle était installée, un calicot: Diamond Jewerly.

Le 30/Nov/2010
Mes deux cafés bus, et assis à côté de Peter un sympathique Néo-Zélandais, deux Malaysiens nous rejoignaient pour partager la pirogue et visiter le lac. Sommairement installés au fond de la pirogue sur des chaises en bois, le groupe constitué, nous étions partis. Calme, volupté, splendeur, les mots me manquaient, pour traduire mes impressions. Le tour du lac, l’approche des pêcheurs avec leur bien particulière façon de pousser la rame avec leur pied, les jardins flottants, la visite d’ateliers dans les maisons sur pilotis, étaient les occupations de cette belle journée ensoleillée. Nous étions arrivés à un atelier de tissage et des femmes girafes à l’entré, assises sur des chaises dans une posture figée, étaient exposées là comme des bêtes curieuses. Je me refusais naturellement à photographier ces trois femmes au cou bizarrement élevé, caché par des anneaux de métal doré et cette jeune fille au regard si triste. Je bloquais. J’avais le souvenir de l’exposition coloniale de 1907 à Paris au Jardin Tropical où des pygmées étaient une attraction pour nos ancêtres. Triste, gêné, choqué, je décidais malgré qu’une des femmes me demandât de les prendre en photo, de laisser mon Nikon, dans mon sac à dos. Le retour au soleil couchant, de toute beauté était magique.

Le 01/Déc/2010
J’avais pris tôt ma bicyclette après avoir décidé à contre cœur de poursuivre mon voyage vers Bago pour aller ensuite voir ce fameux Golden Rock. J’étais parti sur une route défoncée, limite de la torture, à la découverte de l’imprévu. Une femme se lavait sur un ponton surplombant un des ces multiples chenaux qui toilaient la cité, plus loin des paysans s’échinaient à cueillir le riz avec lesquels je partageais un long moment, une camionnette au châssis cassé se déplaçait en crabe, un monastère où de jeunes moinillons étaient aux fenêtres, et celui jouant avec son ballon bleu que je shootais de loin. Après deux bonnes heures à pédaler, j’arrivais au village et la visite du marché faite, je déjeunais, à la gargote typique de chez typique. Retour et petite sieste salutaire. Réveillé par les canots qui circulaient bruyamment sur le canal je passais le petit pont de bois et j’allais sur l’autre rive, celle d’en face. Posté sur une chaise que m’avait tendue un commerçant dont la boutique de pièces mécaniques nécessaires à la réparation des moteurs, donnait directement sur le canal, je photographiais des femmes, alternant leur toilette et leur lessive, dans l’eau plutôt ragoûtante du canal. Derrière la fenêtre la femme de ce gentil commerçant m’offrait le joli spectacle de l’allaitement. Je serai toujours le bienvenu me dit cet homme quand je me décidais à partir. Mon excellent dîner birman à 2500 Kt au Linn Htat était de fried soja bean, smell dish fish, peanuts, bamboo, fish paste curry et fried fish paste.

Le 02/ Déc/2010
Assis en face d’un Alaskien qui prenait son petit déjeuner en face de moi, composé d’une crêpe à la marmelade, mélangée avec une omelette brouillée, le tout accompagné d’une soupe chinoise, je réfléchissais à la dernière demi-journée que j’avais à passer au lac. Un petit tour à bicyclette, le taxi et me voici attendant le bus pour Bago.

Scène V: Mawlamyine (Moulmein)
Le 03/ Déc/2010
Le voyage vers Bago n’était ni pénible ni très confortable, trop climatisé, mais bon j’étais bien couvert. En chemin, après avoir discuté avec Jean-Yves et sa femme Marie-Ange je changeais d’idée et décidais de les suivre jusqu’à Yangon, d’enchainer directement, (plutôt que de descendre en pleine nuit à Bago) et relier Mawlamyine, d’autant plus en pleine nuit à cinq heures…. Vingt quatre heures de bus ce n’était pas la mort. Le second bus pris à Yangon n’était heureusement pas le frigo de celui auparavant. Arrivé à Mawlamyine vers quatorze heures, le sac à dos déposé au Breeze Guest-House, sis face au fleuve Salouen, à 7 dollars la nuit, j’étais parti à la recherche du débarcadère d’où le lundi et jeudi partait le bateau pour Hpa An. Nous étions vendredi et mieux valait s’y prendre à l’avance. Les billets étaient à prendre le jour même au bateau, parfait. Mon dîner d’une noodle soupe à 1000kts, excellent et pas cher. La nuit dans la cellule fut calme mais au petit matin le vacarme d’un moteur qui avait du mal à démarrer me réveillait, et le défilé d’hommes et de femmes qui venaient se laver derrière le mur de la cellule, chacun finissant son lavage de dents pas des raclements de gorge, et crachaient bruyamment, m’énervaient. Dur réveil.

Le 04/ Déc/2010
Avec Jean Yves et Marie Ange mes compagnons de route, déjà rencontrés au lac Inle, nous étions partis à la découverte, la ville n’ayant apparemment pas grand-chose à nous offrir, du monastère perché là-bas, au plus haut de la colline. Arrivés trop tard nous avions raté la navette qui devait nous transporter au sommet, nous voilà à pied sur le chemin, sous une chaleur accablante. A plus de la moitié de la montée, je laissais filer Jean-Yves et Marie-Ange plus jeunes, plus lestes, plus sportifs, car bien que ma jambe ne me faisait pas souffrir je voulais m’épargner. En descendant, je rencontrais un groupe de cinq femmes qui portaient sur leurs têtes des fagots qu’elles étaient allées chercher tout là haut. A une halte de décidais d’en soupeser un. Je ne suis pas arrivé à le décoller du sol. S’agenouillant, posant délicatement le bois sur la tête, elles poussaient de leur force sur les jambes pour se redresser, équilibrer la charge et repartir, filant comme des cabris que j’avais du mal à les suivre moi qui n’avais rien sur la tête. Revenu au point de départ je finissais par déjeuner et me faire une petite pose en attendant le retour de Jean-Yves et Marie-Ange. De retour à Mawlamyine c’était ensuite la visite de la pagode Kyaikthanlan, une des plus belles d’Asie, d’où le point de vue sur la ville était de toute beauté, celle de Mahamuni où se dressait un bouddha doré entouré de piliers et de murs entièrement décorés de morceaux de verre colorés et du monastère Kyaung Seindon Mibaya, un vrai trésor. Tout était splendeur. Le soir venu, seul je me mis à la recherche d’une gargote.

Le 05/ Déc/2010
Nous étions Jean-Yves et Marie-Ange et moi, allés voir le plus grand bouddha couché du monde “Win Sein” de près de deux cent mètres de long qui s’étendait de tout son long sur le flanc d’une colline verdoyante. Impressionnant car il était le fruit du travail acharné, commencé depuis quinze années, du moine Bhaddanta Kesara qui avait décidé de consacrer son argent, son temps, sa ferveur à la construction du monument gigantesque. La fin n’était certes pas pour demain, tellement il restait à faire. L’intérieur creux, était composé de nombreuses salles poussiéreuses où était exposé des scènes de vie, constituées de figurines faites de ciment et joliment peintes. C’était plutôt naïf, c’était kitch, c’était à voir. Je revenais sur le chemin et une multitude de statues de moines vêtus de leur tunique rouge peinte, statiques les uns derrière les autres, espacés de deux mètres environ, dont le premier d’un bras tendu me montrait le chemin à prendre, ce que je fis, m’apparaissaient. Ils étaient au nombre de cinq cent, filaient au travers une verte colline, me guidaient vers un bouddha que je n’avais atteint à cause de la chaleur écrasante, de la difficulté du chemin qui montait et de la dureté du sol caillouteux. Au bas de ma descente, une forêt d’hévéas dont chaque tronc nourricier abreuvait de sa sève, les coupelles chargées de la récupérer. Je rejoignais Jean-Yves et Marie-Ange en levant le pousse pour héler un moyen de transport. Une espèce de camion me prit en charge. Le soir nous nous étions retrouvés à la gargote que j’avais découverte, tout près de l’hôtel, où un jeune gamin nous accueillait avec un grand sourire et où la pitance était bonne et pas chère. Quand nous partions, ils baissaient le rideau.

Le 06/ Déc/2010
Nous étions embarqués ce lundi matin sur le bateau, et quel bateau, rejoindre Hpa An. Point se siège, je tendais alors mon hamac et bercé par un léger tangage sur le fleuve qui s’écoulait lentement vers Hpa An je faisais un brève sieste. La cabine de pilotage, par sa vétusté me rappelait alors le bateau reliant Mahajanga à Nosy Be. Une longue chaîne partait de la barre à roue, que le pilote tournait avec ses pieds dans un sens et dans l’autre pour récupérer le jeu et anticiper la manœuvre, traversait le pont inférieur et reliait le gouvernail. On se demandait comment ces bateaux arrivaient encore à naviguer, vu leur état de délabrement. Point de canot de sauvetage, point de bouée, encore moins de GPS et de balise Argos. Seul l’expérience du capitaine était là pour nous amener à bon port. Pas d’inquiétude, le fleuve Thanlwin était calme et paisible dans sa navigation.

Scène VI: Hpa-An
Le 07/ Déc/2010
J’étais en route pour voir ce joli pont vu sur un poster. Il était tout en bois, et traversait un étang peu profond. Je l’imprégnais sur la carte mémoire. C’était ensuite la visite traditionnelle du marché local où les viandes étaient découpées sur un billot de bois plus que centenaire, où les mouches se rassasiaient, où les poissons encore vivant essayaient vainement de sauter par dessus le bord du seau de plastique. Les fruits et légumes étaient étalés à même le sol. L’après-midi, j’avais abandonné la bicyclette et en taxi j’étais allé visité cette jolie pagode Kyaik-Ka-Lat, construite sur un petit piton rocheux, au centre d’un petit lac plutôt marécageux. Une beauté à couper le souffle. Assis de l’autre côté du lac en face du rocher, où au sommet trône un stûpa doré, j’attendais le coucher de soleil. Un Coréen en vadrouille s’assis à côté et ensemble nous avions attendu le bon moment pour prendre le bon cliché. J’allais à pied à la recherche d’un pick-up pour rejoindre Hpa-An et le Coréen monté sur son scooter me proposa de me ramener en ville, j’acceptais. Il habitait Hpa An et y travaillait avec toute sa famille. Nous longions les rizières et en arrière plan les collines de formation karstiques défilaient. Quel paysage !

Le 08/ Déc/2010
Avec Roman, jeune copilote à Air France, rencontré sur le bateau, nous étions partis à la découverte des grottes de Sadaing. Une grotte large et humide où des nuées de chauves souris suspendues aux parois, déféquaient depuis des centaines d’années, voire des milliers, sur un sol devenu très glissant. Nous avancions prudemment pieds nus, pagode oblige, à la lueur de nos lampes frontales. Arrivés au bout du tunnel nous débouchions sur un petit étang où travaillaient quelques pêcheurs. Un rapide échange et nous voilà embarqués sur une plate pirogue pour passer sous un large rocher surplombant l’eau à une hauteur d’à peine deux mètres environ qui nous conduisait vers un second étang bien caché. La fraîcheur, la quiétude du lieu m’envahissaient. Obligés de reprendre le même chemin retour notre attention se bornait à regarder où nos pieds se posaient. Nulle envie de se retrouver les fesses dans le fiant. Arrivées à l’entrée de la grotte nous nous attardions sur les bouddhas qui jalonnaient tout le long de la paroi. Le déjeuner dans la gargote à Eindu village fut local, typique et pas cher.

Scène VII: Kyaik- Hti-Yo
Les 09/10/ Déc/2010
Toujours avec mes compagnons de route, Roman avait fait son chemin retour, nous étions à Kyaik- Hti-Yo pour aller à l’ascension de cette colline où au sommet se dressait le Golden Rock si vénéré par les Birmans. La première partie de la montée était faite en camion et pour un petit supplément nous étions dans la cabine. Derrière, dans la benne une cinquantaine de personnes serrées comme des sardines, en plein vent sous un ciel gris menaçant, assises sur des traverses de bois, peu larges pour nos grosses fesses. La seconde partie à pied ne fut pas malgré la pente abrupte trop pénible. Quelques arrêts au bord de chemin, sur les cotés duquel s’étalaient de nombreuses échoppes et nous voilà trois quarts d’heure plus tard au sommet. Notre quotte-part de cinq dollars pour les bonnes œuvres de la junte payée, nous étions enfin prés de ce rocher posé en équilibre sur un autre, au flanc de la colline. Surprenant pour nous, mystique pour les Birmans qui venaient y coller leurs feuilles d’or, accrocher des clochettes aux barrières et faire leurs offrandes. Quant à la descente elle se fit sous une pluie battante, dans la benne. Imaginez la rigolade au milieu de tous. Trempé jusqu’aux os, je rejoignais ma lugubre chambre.

Scène VIII: Pathein
Le 11/ Déc/2010
La gargote n’était pas du genre tout à fait sobre, mais l’accueil et la bonne assiette de riz au poulet et légumes me rassasiait. J’étais à Pathein, directement arrivé de Kyaik- Hti-Yo, via Yangon où j’avais fait une halte de deux heures, le temps de changer de gare et d’autobus. Pour huit mille kts ma chambre n’était ni trop clean ni trop accueillante, les draps à la limite du propre m’avaient contraint à dormir dans mon sac à viande, mais c’était juste pour une nuit, je m’en satisfaisais. Crevé je ne tardais pas à m’endormir. Le lendemain je prendrais la direction vers la plage de Chaungtha.

Scène IX: Chaungtha Beach
Le 12/ Déc/2010
Deux heures de bus sur une route ou plutôt une piste défoncée qui serpentait au travers de collines luxuriantes et nous avions débouché à Chaungtha. Rien d’exceptionnel ici, une belle plage secouée par les vents, une mer agitée et donc une baignade prudente, de nombreux loueurs de bicyclettes ou de grosses chambres à air pour s’éclater dans les vagues, des vendeurs de cerfs-volants et d’autres de chapeaux en feuilles de cocotiers. C’était la fin du voyage, farniente jusqu’à mardi, jour du retour à Yangon, avant le retour à Bangkok. Mon hôtel, le Shwe Ya Min n’était pas sur le front de mer, mais offrait des chambres propres et confortables et un accueil des plus sympathiques. La rue principale n’était qu’une suite d’hôtels. Ceux côté mer à des prix bien plus élevés que ceux juste en face côté intérieur.

Le 13/ Déc/2010
Le matin une jeune étrangère vêtue d’une robe de mousseline violette, très aérienne, très courte qui à la moindre brise découvrait les cuisses, le décolleté ouvert plongeant sur une belle poitrine, les bouts des seins pointant au travers du fin tissu, les lignes marquées de sa petite culotte que je voyais dans le contre-jour, vint s’asseoir la table à côté. Je la regardais avec plaisir, elle était très sexy, jolie, latine certainement avec ses beaux cheveux châtain, mais j’étais choqué que l’on puisse s’habiller ainsi dans un pays où les femmes, à la plage se baignaient habillées et dans la rue ne laissaient rien apparaître de leur corps, vêtues du longhi traditionnel, sauf quelques rares jeunes filles influencées par la mode occidentale. Nous n’apportions pas toujours le bien, hélas. Plus tard j’apprenais qu’elle était française avec des origines mexicaines, je ne m’étais pas trompé. A cause d’un petit soucis de peau j’allais au pharmacien que m’avait indiqué Ma Ei la réceptionniste de l’hôtel. Arrivé sur place je découvrais derrière un sale comptoir, d’une sale boutique, un gros et gras personnage qui faisait office de tenancier d’officine. Il vendait de tout, ce n’était pas une pharmacie, c’était je ne sais quoi. Malgré tout je lui montrais l’endroit de mon problème et il me donnait une pommade en tube. Je passais la journée à sillonner tantôt à moto, tantôt à pied la ville et à me balader encore sur la longue plage, jusqu’à une pagode tout au bord de l’eau, balayée par les embruns. Le lendemain matin vers neuf heures je partais dans un super bus climatisé vers Vientiane sans m’arrêter à Pathein.

Scène X: Yangon
Le 14/ Déc/2010
Le Daddy’s Home guest-house de second ordre était bien situé sur Konzaydan Street. Le sac posé je partais avec Claude un vadrouilleur rencontré dans le bus avec qui j’étais parti à la recherche du toit où dormir. J’allais retrouvé Armand chez lui. Nous étions allés dîner à la gargote où Armand avait pris ses habitudes. Un café pris dans un bouge sur le trottoir d’en face, Claude parti se coucher et nous voilà Armand et moi décidés de nous encanailler dans la boite du premier jour, au Paddy O’Malley. La nuit fut courte, le matin j’essayais avec Claude, en vain de retrouver Armand. De la pagode Sulé je n’arrivais plus à retrouver le chemin, tant pis. Nous en profitions pour découvrir le vieux quartier. L’après midi nous étions partis en taxi vers l’aéroport, destination Bangkok.
Epilogue birman
Que le Myanmar est beau, que son peuple est attachant, mais que de regrets de ne pouvoir communiquer d’avantage.
J’aurais tant à apprendre.
Acte III – Thaïlande
Scène I: Bangkok
Le 15/ Déc/2010
Deux jours passés à Bangkok et j’étais partant, malade et fiévreux, de par tout ce tintamarre, cette pollution et de tout ce monde bruyant, grouillant comme des fourmis. J’avais pris un taxi et arrivé à l’endroit que m’avait indiqué l’agence de voyage à la “Police Station” je m’étonnais de ne pas être à une gare d’autobus mais devant un commissariat. Je m’asseyais sur le trottoir, j’attendais. L’heure du départ théorique approchant et ne voyant rien se passer, je commençais à douter du lieu. Etais-je au bon endroit? Je téléphonais à l’agence qui me confirmait que j’étais au bon endroit. Bizarre ! Je retournais m’asseoir sur les marches du commissariat, quand un couple de Français me dit qu’une petite femme vêtue d’un haut rouge recherchait des passagers pour Vientiane. Merde! je l’avais loupée. Je pensais avoir raté mon départ et déjà mon cerveau cogitait sur la suite à donner quand cette petite femme apparut, j’étais sauvé. Malgré un massage de mes cervicales et de mon crâne ce matin, le voyage de nuit par bus qui m’emmenait à Vientiane était pénible. Heureusement le bus était très confortable et agréablement climatisé, sans être frigorifique. En pleine nuit nous étions à la frontière et dûmes descendre pour accomplir les formalités d’entrée. Je n’avais pas de visa, mais pas d’importance ils le faisaient directement moyennant 30$. Arrivée prévue au petit matin à Vientiane.

Acte IV – Laos
Scène I: Vientiane
Le 18/ Déc/2010
Dès le petit matin, après m’être installé au guest-house Siry II du centre ville, où je trouvais une chambre avec sanitaire et salle de bains à l’extérieur, j’étais parti à la découverte de cette petite ville aux larges avenues qui avait tout de même plus de 700.000 âmes, où la conduite automobile se faisait à droite, comme chez moi. Prudence donc car j’avais repris l’habitude de celle à l’anglaise, il fallait donc revenir aux classiques. La ville était propre, à l’atmosphère détendue, les gens souriaient, la circulation fluide, mais apparemment pas grand chose à voir. Le jardin de Bouddha, l’Arc de triomphe laotien appelé Patuxai et quelques pagodes, sans oublier le palais présidentiel sur la rive gauche du Mékong où en face, trônait la statue d’un grand homme sans doute, portant une épée dans sa main gauche sur laquelle pendait un collier de fleurs fraîches. J’apprendrais plus tard que l’érection de la statue du roi Anouvong pouvait être une sorte d’avertissement, aux tentatives dominatrices du voisin un peu envahissant qu’était la Thaïlande.

Le 19/ Déc/2010
Flâner, traîner, observer, écouter, voilà bien des passe-temps bien agréables. Encore une journée à ne rien faire, mais comme j’appréciais ces moments de solitude désirée. Elle en réclamait 45.000 kips, je lui proposais 25.000, elle descendait, je montais, et par un accord tacite, le bon prix était entendu. Avec la jolie vendeuse vietnamienne nous avions échangé quelques palabres, j’étais reparti avec mon tee- shirt rouge, orné sur le devant d’une faucille et d’un marteau. Je trouverais bien un jour où provoquer. Le soir, les rues restaient très animées et un grand nombre de lieux où bien me restaurer. Un resto de spécialités coréennes faisait mon affaire, c’était un bon choix. La nuit passée sur un sommier et un matelas aussi durs que du pain rassis, à chercher la bonne position, je m’étais réveillé à six heures, destination Louang Prabang.

Scène II: Louang Prabang
Les 20/21/Déc/2010
Louang Prabang ancienne capitale déchue il y a 450 ans, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, très touristique, donc très chère, s’étendait le long du Mékong dans la région nord du pays en amont de Vientiane distante de 210 km. Je ne m’y étais donc pas attardé, la ville regorgeant de jolis restaurants, et de jolies boutiques, pièges à touristes. Le soir venu, une nuée de vendeurs en tout genre envahissaient la rue principale pour former le grand marché de nuit. J’évitais donc les restos des alentours pour dénicher une gargote à la cuisine locale. Je passais deux jours à déambuler à bicyclette à visiter les pagodes et les marchés. Mon but était de prendre le bateau, remonter le fleuve jusqu’à Nong Kiaw.

Scène III : Nong Khiaw
Le 22/ Déc/2010
J’avais quitté mes rencontres, Alfred un sympathique alsacien, et un couple de lyonnais après le dîner et au petit matin, je me retrouvais encore avec des français, sur la pirogue qui nous emmenait à Nong Kiaw au nord-est. La navigation était difficile, le fleuve aux eaux peu profondes se montrait ardu à dompter, parsemé d’îlots rocheux que le skipper d’un œil exercé, évitait habillement. Le spectacle grandiose nous offrait de découvrir la vie des populations qui habitaient sur les rives du fleuve. On s’y baignait, on y pêchait, on y travaillait, on y jouait. Des enfants nus qui jouaient nous faisaient de grands signes amicaux. Je sentais bien l’importance qu’avait cette importante rivière Nam Ou. La faim me tiraillait, j’avais oublié d’apporter quelque chose à grignoter. Sept heures plus tard, les fesses aplaties, le dos rompu nous avions débarqué sur la rive droite à Nong Kiaw village perdu entre deux flancs d’une montagne, qu’un pont de béton réunissait. Du pont une vue exceptionnelle sur la rivière Nam Out et les montagnes qui y plongeaient.

Le 23/ Déc/2010
J’établissais mon plan initial qui consistait à descendre la rivière Nam Ou de Phôngsali à Muang Khua. Je devais d’abord me rendre à Muang Ngoi, remonter ensuite par le fleuve jusqu’à Muang Khua et prendre le bus pour Phôngsali. Six jours passés au Laos et Bangkok et le Myanmar me paraissaient très loins. Ailleurs le temps n’est plus le même, ne file ni à la même vitesse, ni au même rythme. Le temps était frais, nuageux et je ne pouvais profiter pleinement du site exceptionnellement beau de Nong Khiaw. Le lendemain c’était le départ en pirogue vers Muang Ngoi.

Scène IV: Muang Ngoi
Le 24/ Déc/2010
La pirogue était plutôt étroite ainsi que les bancs sur lesquels nos fesses souffraient. Le parcours était très difficile et le bateau pour éviter les nombreux bas fonds et îlots rochers à fleur d’eau, allait en serpentant d’une rive à l’autre. La remontée qui durait quatre heures était superbe et l’ambiance à bord était vraiment joyeuse. Le capitaine devait connaître parfaitement la navigation sur cette rivière. Muang Ngoi était un village uniquement accessible par la voie fluviale, accroché au flanc d’une montagne qui jetait ses versants dans la rivière Nam Ou. Dès mon arrivée je m’étais inscrit sur une lite d’attente pour me rendre par bateau vers Muang Khua. Il fallait être au nombre de dix pour espérer avoir un prix raisonnable, sinon il fallait compenser et le prix devenait trop cher.

Les 25/Déc/2010
Alors que j’attendais la remontée éventuelle de la rivière, les journées se passaient à aller avec Bernard, Lydie sa compagne et leur petite Chloé,voir au loin, au travers des forêts et des champs, les villages isolés. Nous étions allés à B.nA à deux heures de marche, par les ruisseaux à traverser aux gués, les rizières asséchées recouvertes de paille de riz qui attendaient la prochaine semence. Le village, loin de tout nous réservait un accueil curieux et chaleureux. Le calme, la paisibilté du lieu impressionnaient.

Les 26/ Déc/2010
Le matin du troisième jour nous avions laissé Alain, Christine et leurs deux garçons, au débarcadère, redescendre vers Nong Kiaw. Vraiment sympa cette famille et c’est chaleureusement que nous nous étions dit adieu, après les deux jours où nous nous étions côtoyés au même guest-house. Nous avions échangé nos adresses avec la certitude de nous revoir grâce à internet. Nous étions alors retournés Bernard, Lydie et Chloé sur le même chemin, mais à la fourche, après une bonne heure, nous étions partis sur la gauche vers le village de B Houi Sen lui aussi reculé . Nous y avions bu une bière pas trop fraîche et déjeuné d’un très bon plat. Le soir, j’avais refusé de prendre le lendemain matin le bateau pour la remontée car six ne permettait pas encore d’avoir un prix acceptable. Je ne savais pas ce que j’allais faire. Carpe diem, nutze den tag. J’étais bien ici, l’étape était splendide, calme, sans voiture,sans bruit, sans pollution, de l’électricité avec parcimonie, quelques heures le soir. Une vie vraie. Bernard était un puit de science dont il me faisait partager un petit quelque chose; quel bonheur.

Scène V: Muang Kiaw-Oudomxai
Les 27/Déc/2010
Finalement, j’étais parti avec mes amis de voyages, redescendre le fleuve jusqu’à Muang Khiaw. Lydie, voyant la liste des passagers s’allonger m’avait par précaution acheté le billet. Nous avions pris notre dernier petit déjeuner à la gargote où nous aimions tant nous arrêter pour dîner. Au débarcadère huit passagers allaient remonter le fleuve vers Muang Khua, flûte j’aurais pu, avec moi on aurait été neuf et le prix acceptable. Tant pis, tant mieux, que sais-je, Lydie avait involontairement précipité ma décision et j’étais ravi de passer encore un moment avec eux. Mon plan de départ changeait, c’était sans importance. Nous descendions la rivière, le temps n’était pas au beau et des remous secouaient bien la pirogue que le skipper manœuvrait avec une habileté impressionnante. Dans un remous plus fort, une vague nous submergeât, nous étions trempés, nous avions rit, il faisait chaud, c’était sans importance, nous étions bien, le bateau nous emmenait à bon port. A Muang Kiaw nous nous étions dit au revoir, nos routes se séparaient. Je les quittais non sans un pincement. Une belle rencontre (Je pensais à toi, Josée Anne), très belle comme on en faisait hélas que trop rarement. De Muang Kiaw un van me transportait jusqu’ à Oudomxai. J’y trouvais un guest-house juste en face de la gare routière où j’étais allé dîner et déjeuner le lendemain juste avant de prendre le bus pour Phôngsaliet rencontré un français qui se plaignait de ne pas trouver au Laos de vie sexuelle comme en Thaïlande (pauvre con) pensais-je. Une nuit et direction Phôngsali.

Scène VI: Phôngsali
Le 28/Déc/2010
La piste serpentait au milieu des montagnes, le bus peinait dans les côtes mais le voyage n’était pas inconfortable malgré la vétusté des sièges. Parmi les passagers une femme et son enfant en habit traditionnel certainement d’une ethnie des montagnes attiraient mon attention. Comme elle était belle avec son turban multicolore habillement posé sur la tête ainsi que ce vieil homme vêtu de son habit style militaire et sa casquette Mao, assis à côté de moi. Dix heures et enfin nous étions arrivés à Phôngsali, ville haut perchée dans le nord Laos, à la tombée de la nuit par un froid glacial. J’avais ma polaire pour me tenir chaud.

Le 29/Déc/2010
Une journée pour découvrir la ville, le marché, les vielles rues et boutiques avec Gallina, une Russe que j’avais déjà aperçue à Oudomxai avec qui j’avais atterri au même guest-house. Nous nous étions rejoints au sommet car j’avais seul plus lentement que Gallina gravi les escaliers abruptes qui menaient sur le haut de la colline. Une vue exceptionnelle nous envahissait, un joli bouddha surveillait la vallée. Au pied de celui-ci des offrandes et quelques billets posés. Arrivé à cours de devises j’avais ce matin profité de la banque locale pour changer des €uros car dans les endroits à venir point de change possible. Nous étions au bout du monde.

La soirée se terminait après un délicieux repas pris dans une gargote chinoise où Gallina m’avait emmené, renseignée par son Lonely Planet. Je réglais ma note d’hôtel quand j’entendais venant juste d’à côté une musique laotienne. Je décidais de m’y rendre. Des Laotiens qui fêtaient précocement le nouvel an, m’invitaient à leur table boire la Laobeer. Que des locaux, point de touristes, quel bonheur. Je souriais, j’étais vraiment heureux de ce moment. Les hommes formaient un cercle, tournaient dans le sens contraire des aiguilles de la montre, faisaient face à un autre cercle formé par les femmes qu’ils avaient invitées ou par lesquelles ils avaient été invités à danser. Ici au Laos c’est toujours le quart d’heure américain. Un orchestre amateur jouait une musique peut entraînante et trinquant pour la nième fois mon verre de Laobeer, une femme était venue m’inviter à danser, j’acceptais de bon cœur. Tout en dansant, une femme me tendit un verre d’alcool appelé laolao que tout le monde partageait, c’était fort, c’était bon, c’était je ne sais quoi. Quelle soirée. Aurai-je pu deviner que j’allais festoyer ainsi.

Scène VII: Hat Sat- Muang Khua
Le 30/31/Déc/2010
Le car jusqu’à Hat Sat, d’où je prenais accompagné de Gallina la pirogue vers Muang Khua était très rudimentaire..mais c’était pour un court trajet. La descente de la Nam Ou était vraiment superbe. Des pêcheurs en slip de bain dans une eau plutôt froide jetaient leurs filets, des enfants jouaient sur la rive, des femmes faisaient la lessive, leur toilette. Des collines verdoyantes enserraient ce mince filet d’une eau peu profonde où les pilotes manoeuvraient habillement les embarcations à éviter les éperons acérés qu’il n’aurait pas été judicieux de toucher, au risque d’endommager la pirogue, voire de couler. Ils étaient des artistes, nous étions en sécurité, enfin, presque. De temps à autre, dans les rapides, l’eau passait par dessus bord, nous étions au ras de l’eau. Une panne d’essence vint agrémenter notre descente. Repartis à une allure lente qui ne faisait pas consommer beaucoup de carburant nous arrivions après cinq heures de navigation tranquillement à destination, ouf ! Je récupérais mon sac à dos trempé, j’avais une fois de plus les fesses en compote, dur dur d’être routard. Superbe journée.

Elle était brune comme une bière belge, avait la peau blanche comme une neige de Sibérie, Gallina n’avait rien de ces jolies Russes qui nous faisaient rêver de l’érotisme, du charme slave. Depuis quatre jours nous faisions route ensemble et si elle n’était pas la Nathalie mon guide, elle en avait un qui m’était bien utile. Muang Khua n’avait rien d’intéressant, si ce n’est un joli pont suspendu dont les plaques d’acier disjointes qui formaient le tablier laissaient voir le lit de la rivière plusieurs dizaines de mètres plus bas, et les superbes collines vertes qui l’encerclaient. A chaque passage de motos le pont bougeait ostensiblement, c’était impressionnant, inquiétant mais point de peur, le pont résistait depuis bien longtemps. Je sentais que ce nouvel an n’allait en rien être exceptionnel. Un excellent repas pris avec Gallina et un couple d’Australiens très sympa, un coucher de bonne heure, point de luxure. Nous passions en 2011 sans nous en apercevoir, aucune décoration dans les rues pour nous rappeler le passage à la nouvelle année.

Scène VIII: Luang Prabang
Les 01/02/03/Jan/2011


Des mecs torses nus, des filles en bikinis plutôt minis, déambulaient complètement ivres, une bouteille de bière à la main. C’était irrespectueux envers ce peuple si charmant et ils transformaient incidieusement, lentement son esprit, j’en étais persuadé. Heureusement je n’avais vu de filles en string, les seins nus, mais il parait qu’aux abords de la rivière, à la saison chaude… Peu de monde en ce début d’année dans les bars nocturnes qui crépitaient le mauvais son d’une mauvaise musique, concentrés sur la petite île au milieu du fleuve. Les magasins sont ouverts tard dans la nuit, les restos, les salons de massage aussi.

Je décidais de louer une moto, mais au petit matin, levé trop tard, j’avais consacré quelque temps à la mise à jour de mon blog, j’oubliais mon idée de balade à moto pour aller arpenter la campagne vers les grottes qui étaient de l’autre côté de la rivière. Longeant la montagne au relief karstique, au travers une luxuriante forêt, j’arrivai aux grottes: rien d’exceptionnel. Après trois heures de marche, je restais au pont de bois où arrivaient les énormes bouées et les canoës desquels débarquaient des jeunes ivres d’alcool, à demi-nus, avec à la main un sac des bières qu’ils avaient vidées le long de la descente de la rivière Nam Song. Ils donnaient un spectacle lamentable. Je regrettais déjà de ne pas être aller explorer le coin en moto. Le soir venu, j’allais au massage, avant de retrouver Jean Louis copain de rencontre avec qui je partageais la table du dîner dans une gargote à deux francs six sous, où nous nous régalions. Le lendemain il était temps de rejoindre Vientiane.


Epilogue laotien
Que le Laos est beau, que son peuple est attachant, mais que de regrets de ne pouvoir communiquer d’avantage. J’aurais tant à apprendre.
Acte V – Thaïlande
Retour dans la tentaculaire, et tentatrice ville où je terminais mon voyage par une soirée à Patpong Night Market. Des jolies filles en petites culottes bien transparentes qui attiraient les regards y alpaguaient l’amateur de sexe pour l’inviter à pénétrer ces glauques night-club où de très jeunes filles proposaient des shows sexuels qui n’étaient en rien artistiques. Enivrés d’alcool et de sexe il repartaient à coup sûr avec l’une d’entre elles. J’en avais vus au cours de mon premier voyage il y a plus de vingt ans, je n’y suis pas retourné. C’était triste, mais heureusement, la Thaïlande, ce n’était pas que çelà.
Epilogue asiate
Quel voyage, quelles beautés, quels émerveillements, quelles rencontres, quels moments passés, quels souvenirs !

Quelles envies de repartir !
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